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STROMBOLI: explosant!


Tôt ce matin, nous étions très motivés de quitter le mouillage à Vulcano car l'odeur de l'oeuf pourri, on en a la nausée! Du coup, au saut du lit, nous avons bougé le bateau pour prendre le petit déjeuner dans un autre mouillage plus agréable.

Puis, en route vers PANAREA:
Comme souvent en Méditerranée, nous naviguons au moteur, pas de vent. A Panarea ( petite île), il n'y a que deux mouillages possibles. Nous optons pour le plus à l'est de l'île ( Cala Zimmari). On s'ancre uniquement pour y passer la nuit. C'est une escale avant l'île Stromboli. Nous étions devant un quartier résidentiel du village assez joli. Par contre, la nuit fût difficile car la houle a balancé le bateau tel un bouchon sur l'eau!
STROMBOLI:
Le lendemain, on a remonté l'ancre vers midi. Arrivés au sud de l'île Stromboli, nous longeons la côte ouest, c'est un détour  mais on veut passer devant "Sciara del Fuoco", la dernière coulée de lave spectaculaire de 2014!
Stromboli, on arriiive! Au sud, on voit le petit village de Ginostra.

Sciara del Fuoco


Il n'y a pas beaucoup d'endroits où mettre l'ancre, autour de cette île, car c'est rapidement des hauts-fond. Il y a bien un mouillage plus sécurisé ( sable et roches) devant le village principal au nord de l'île, San Vincenzo ou Ficogrande. Tous les bateaux y vont, proches les uns des autres. Mais, nous avions repéré un endroit où s'ancrer, pas loin de la "Sciara del Fuoco", rien ne l'interdisait, mais l'ancre s'accrochait dans les rochers et pas de possibilité de rejoindre la terre. A part ça, ce plan était excellent: pas de houle, seul au mouillage et une vue de l'activité volcanique, c'est-à-dire un nuage plus ou moins gros, selon l'éruption, et le bruit de l'explosion toutes les 20-30 min. La nuit, si l'explosion était forte avec des projectiles hauts, nous avions un beau spectacle. C'était irrégulier mais incroyable!

En se levant le matin, vite on regarde le ciel, s'il est bien dégagé car c'est primordial pour l'ascension de cet aprem. Vers 11h, nous avons rejoint le petit village au nord. A cette heure-là, les touristes ne sont pas encore arrivés, nous avions toute la place pour choisir notre emplacement à l'aise. Ce petit village est surprenant par sa beauté et par la vie qui s'y est développé alors que le volcan actif est au-dessus d'eux! C'est une épée de Damoclès, en fait.


Le rdv de départ de l'ascension est devant l'église.
Nous mangeons un plat de pâtes à 14h30 et départ prévu vers 16h. Il y a 2 itinéraires pour monter: le premier avec une pente plus douce, longtemps, sans voir le cratère, avec un chemin très praticable. Soit le deuxième itinéraire pour des gens plus sportifs car le chemin est beaucoup plus raide dans la roche, par moments, mais on longerait la coulée de lave, on verrait rapidement les explosions du cratère et on aurait le coucher de soleil. On opte pour le second itinéraire. Le groupe était composé de 20 personnes au total mené par un jeune guide italien ( Manuel), vulcanologue, passionné par "son île" et le volcan. On a eu peur de la dynamique du groupe mais c'étaient tous des jeunes, souvent en couples, plutôt sportifs et tous de nationalités différentes: des allemands, des italiens, des libanais, des australiens et nous les belges. On a bien rigolé, groupe super chouette!
Durant l'ascension, Manuel nous instruisait par des explications sur Le Stromboli avec des schémas, et on comprend que beaucoup de questions sont encore non élucidées par les spécialistes. Manque de données car les instruments de mesure ne supportent pas ces températures de 1 000- 1 800°c. Perso, ça me panique un peu:"Tout ce qui se passe sous ce volcan??": La grande cheminée qui aboutit à la surface sous forme de plusieurs cratères.Telle un pommeau d'arrosoir.





Le village devient tout petit, on distingue à peine Crok'n Roll.
Le coucher du soleil se pointe.

En fin d'après-midi, on longe la coulée de lave.

Et toutes les 20 min, plus ou moins, on assistait aux explosions du géant.

Nous avions les meilleures conditions qu'on puisse avoir pour cette activité: aucun nuages et un clair de lune total, ce qui nous permettait de voir le chemin sans lampe frontale. Ainsi, nos yeux s'habituaient très bien à la pénombre et profitaient du spectacle. Avant d'entamer la dernière montée, on a mis notre casque, car parfois, les explosions sont telles que des scories pourraient nous atteindre.
Nous sommes arrivés en haut du cratère, tout heureux! Nous n'étions pas les seuls....bien 10 groupes de 20 pers, mais l'endroit est très spacieux, aucun souci. Quand on arrive tout en haut, on est tout au bord du cratère et le guide nous indique une ligne à ne pas dépasser car après c'est le gouffre. Nous sommes à 300m au-dessus des bouches de feu. Là, on s'assied sur nos sacs à dos, on mange un bout et on boit, on parle avec Manuel devant un spectacle unique! Il y a une bouche d'où sort du feu, des flammes en permanence avec un bruit sourd particulier. Puis, à intervalles irréguliers, mais entre 10 et 30 min, une explosion, de quelques secondes, sort d'un autre cratère ( il y a 3 cratères crachants pour le moment) avec une pression incroyable et provoquant des détonations qui peuvent faire peur. Mais Manuel nous avait mis en garde: c'est impressionnant mais c'est normal. Les guides nous laissent au bord du cratère durant 1h-1h30. Au final, nous avons eu de belles explosions de taille moyenne et en quantité normale. Manuel nous a raconté qu'il arrive que les cratères soient beaucoup moins actifs en quantité d'explosions: en 1h, les touristes n'en voient qu'une. Comme certaines fois, les gerbes sont très impressionnantes, spectaculairement hautes. Question de chance....
La bouche ouverte permanente est la petite à gauche de la photo.
Là, on assiste à une explosion.


 

Vers 21h, le guide nous demande de se remettre en route car la descente est longue ( 2h) et pas toujours facile. Tous, nous descendrons par le même itinéraire. Il nous distribue un masque, ah? La première partie se passe en pente assez forte dans une couche de sable noir. Nous en avions jusqu'au mollet. On bénit les guêtres et le masque. Cela a généré une poussière noire inévitable car nous courions en sautant, et nous étions les derniers de la file des 20 personnes, mes lunettes ont dû être frottées quelques fois. C'est vrai que cette descente est fatigante et interminable! Nous étions en bas à 23h.
Le lendemain matin, on a quitté cette île en faisant le tour de Strombolicco ( vu sur la vidéo) qui est un bout du volcan émergé de l'eau. Oui, car le Stromboli s'étend sous l'eau.

Nous avions le cafard en quittant cet endroit magique qui nous a donné tant de plaisir à la découverte! Nous n'avions pas envie que cela s'arrête...Quel souvenir il nous laissera! Même le bateau en a gardé une fine couche noire partout, oups!



 




Commentaires

  1. Top ce reportage et la vidéo. Vous vous en êtes mis plein les yeux et les oreilles :-). Bcp plus impressionnant que le souvenir que j'ai gardé du Nyiragongo.

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