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Les extrêmes, la variété des étapes: Porto Kagio et Pylos 



Porto Kagio se situe dans la région de "La Magne", sur la côte Est. Ce petit village fût un coup de coeur de copains passés par là. Des guides touristiques décrivent La Magne comme la plus belle région du Péloponnèse: paysages sauvages, secs, rocailleux avec de grandes montagnes pelées battues par de vents violents, murets de pierre sèche, un air de Connemara et des villages parfois abandonnés. L'été, l'eau manque. On y découvre beaucoup de forteresses, des églises et des chapelles. 

Depuis Monemvasia jusqu'à Porto Kagio, nous avions 50 miles à parcourir. Soit 8 heures de navigation au moteur sous un beau soleil. A 16h30, nous étions ancrés dans la baie de Lekonia, entourés de hautes collines, devant le petit village, charmant! L'eau y est turquoise, limpide! L'envie d'y plonger est irrésistible, d'autant plus qu'il y a très peu de plaisanciers. Porto Kagio est une étape pour ceux qui aiment la balade. Le village est minuscule, il comprend un hôtel, quelques terrasses de restaurants mais il n'y a aucun commerce. 



Dès le lendemain matin, on décide de visiter la ruine du Castello d'Achillio dans le hameau en face de Porto Kagio et ensuite de marcher jusque Marmari dans l'anse opposée où se logent des belles plages. Notre trekking de 12 km nous a emmenés dans d'autres paysages, effectivement plus rudes et très secs où nous entendions les chasseurs tirer. Car Kagio signifie "cailles". Quelle belle journée de repos en pleine nature


Ici, on mange les pieds dans l'eau :-)

Vue depuis le castello d'Achillio.



Le lundi 12 octobre, nous partons vers la côte ouest du Péloponnèse. Nous avions prévu de nous ancrer  dans la baie à Methoni. Mais la météo s'annonçant très venteuse en fin de journée et durant 48 H, il est obligatoire de se mettre à l'abri dans un port. Nous devrons naviguer jusque Pylos. On lève l'ancre à 7h30 car nous avons 52 miles. Nous passons le cap Ténaro aisément car la navigation est au moteur, pas encore de vent, mais avec une houle de vagues venant d'Afrique, pas très confortable. Et nous sommes sous une couche nuageuse avec une averse par-ci, par-là. 





Nous passons pas loin d'un rail pour cargos et autres grands navires. Un peu de spectacle. Juste avant de passer devant Methoni, le vent s'est levé! Un vent de 20 noeuds, de travers. Enfin! On monte les voiles, on prend un ris. En moins de 2h, nous sommes arrivés en trombe, dans la très jolie baie de Navarin. Quel dommage de n'avoir pas pu profiter plus tôt d'Eole! Nous voyons un voilier à l'ancre devant le port de Pylos? On s'inquiète: n'y-aurait-il plus de places dans le port? Effectivement, ce dernier est bien occupé et nous nous trouvons une place ( de souris), le long du quai ( long side) à droite en entrant. Franchement, une place à 3 mm près. Des plaisanciers nous ont aidés à l'amarrage. Quai gratuit mais sans eau de ville ni  électricité. Durant la première nuit, la houle est entrée dans le port, le bateau dansait, nous avions l'impression d'être en navigation. Nous sommes restés trois jours à Pylos à cause d'un vent de face nous empêchant de remonter la côte ouest. Du coup, en voiture, nous avons visité Methoni et Koroni. Pylos sommeille dans une région au relief très doux où se succèdent prairies et oliviers. Elle se visite pour son imposant "kastro"et sa forteresse. Nous avons aimé sa grande place, entourée d'arcades, très animée en soirée. C'est dans cette baie de Navarin, en 1827, que se déroula la bataille entre les Turcs et la caolision franco-britannico-russe qui joua un rôle décisif dans l'indépendance grecque.

Koroni est un séduisant petit port de pêche qui a gardé de nombreuses ruelles authentiques. Les plaisanciers ancrent leur bateau dans la baie, il n'y a pas assez d'eau dans le port. Une rue en escaliers mène à l'entrée du château, bordée de maisons colorées. La forteresse bien conservée domine le village et à l'intérieur nous pouvons visiter le monastère Saint-Jean Baptiste encore en activité. Malgré le port d'un pantalon, je dois le couvrir d'une longue jupe. Pierre aussi, doit couvrir son short.

Vue panoramique de Koroni prise de la forteresse.


Le monastère: un havre de paix!



On ne peut pas passer dans la région sans visiter Methoni et sa forteresse vénitienne, prolongée par un superbe et impressionnant fort turc ( la tour Bourtzi). La citadelle datant du XIII ème siècle est cernée par les eaux et séparée de la ville par un large fossé. Une fois la porte principale franchie, un long chemin entre deux remparts nous emmène sur une grande esplanade où gîsent des ruines, des vestiges de bâtiments de l'ancienne ville. Mais, le plus bel édifice se situe au fond de l'esplanade, sur un promontoire:

La tour Bourtzi!



Notre mini séjour à Pylos fût aussi très riche en rencontres très sympathiques! A cette époque de l'année, l'entrée de l'automne, nous rencontrons plus souvent des plaisanciers qui habitent toute l'année sur leur bateau. C'est Milena qui navigue seule sur son voilier ( Antigoni) depuis plus de 10 ans qui m'a le plus impressionnée! Elle fait tout et seule! Un couple d'anglais, plus âgés que nous, qui vivent dans leur voilier ( Youyou) depuis 20 ans et qui ont à bord un jeune chat. Très marrant ce félin car il visite tous les bateaux du quai avec son air charmeur, craquant! Et puis, Christine et Thierry, des bretons, sur leur nouveau catamaran "Eole", découvrant la Grèce et qui comptent rester le temps de l'hiver en Sicile. Car là, il fait moins humide et plus chaud qu'en Grèce, durant l'hiver. Comme ils prennent du temps aux escales, ils nous ont expliqués que cette grande baie de Navarin offre de beaux mouillages dans une belle nature, des petites îles qui abritent quantité d'oiseaux et de belles grottes pour les plongeurs. Tout cela donne tellement envie de revenir! 

A partir de jeudi ( 15 octobre), un vent du sud va nous pousser vers la fin du Péloponnèse, les dernières navigations se feront à la voile! 


  

 






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