Nous sommes le 18 octobre. Nous nous engageons dans une navigation particulière car nous partons en mer, la nuit de Santa Cruz à Ténérife. Départ à minuit. Il faut sortir du chenal, éclairé de part les activités commerciales sur les quais et puis, d’un coup, juste après l’entrée du port, c’est l’immensité de l’océan, il y fait tout noir! Cap vers le sud de l’île de Fuerteventura.
Pourquoi Fuerteventura? Car c’est la seule île de l’archipel des Canaries que nous n’avons pas encore visitée et, surtout, nos amis Merina et François y passent une semaine de vacances. C’est une belle occasion de passer quelques jours avec eux.
Coin des voileux:
120 miles nautiques parcourus en 17h30. La navigation n’est pas compliquée. Le vent du nord-nord-est est annoncé et stable à 12-15 noeuds avec des rafales à 20 noeuds. La nuit, on réduit d’office la voilure pour être paré à toutes “surprises” ou changements météorologiques. On monte la grande voile avec deux ris et le génois. Amure babord, allure bon plein durant toute la traversée. A 3h du matin, c’est la trinquette ( plus petite voile) plutôt que le génois. En fin de matinée, on reprend le génois jusqu’à destination.
C’est bien, au sud de l’île, devant la plage de “Las coloradas” que nous jetons l’ancre, juste à côté du port de “Morro Jabel”. Nous y passons deux jours bien reposants! A contempler le paysage de ces très vieux volcans pelés qui donnent un aspect lunaire à cette partie de l’île. Et nous subissons les remous du bateau inter-île le matin et le soir. C’est toujours impressionnant de regarder leurs manoeuvres pour s’amarrer en arrière dans ce port assez petit. Nous prenons aussi du plaisir à saluer les pêcheurs. J'en profite pour écrire un article du blog dans mon super bureau, le plus agréable du monde!
| "Terre"! Fuerteventura, on y arrive! |
Chaque jour, matin et soir, nous veillons à la météo et ce n’est pas terrible pour le moment. Des orages sont annoncés et de la pluie dans les jours à venir. Nos amis logeront dans un hôtel tout au nord, à “Corralejo”. Fuerteventura est la deuxième plus grande île de l’archipel, il y a plus de 100 km ( 1h40 en voiture) entre le nord et le sud. Pour remonter toute la côte Est de l’île vers le nord, nous aurons le vent de face. Au vue du mauvais temps annoncé dans les prochains jours, on quitte le mouillage et on aimerait se mettre à l’abri dans un des ports de la côte Est. Tous nous refusent soit par manque de place, soit notre quille est trop longue, soit le bateau est trop long. Nous sommes un peu perdus, stressés même de constater qu’en cas de mauvais temps, cette île ne permet aucun abri! En scrutant la carte, c’est au sud de Lanzarote que nous serons le mieux protégés. Soit dans une marina, soit au mouillage.
Mercredi matin, on lève l’ancre sous la pluie et GO!
En cours de navigation, nous recevons un mail de “Rubicon Marina”, un grand port, à “playa blanca”, disposant encore de places, ouf!! A 21h30, après 12 heures de navigation dans un temps instable, c’est heureux que nous nous amarrons au quai d’accueil. Le long duquel on voit des flèches directionnelles qui nous font sourire.
Historiquement, il y a des millions d’années, La Graciosa, Lanzarote et Fuerteventura ne formaient qu’une seule île.
Nous avons trois jours devant nous à attendre une meilleure météo, plus calme. Un sentier depuis le port nous conduit vers les plages du sud-est de Lanzarote. Des cartes postales! “Playa Mujeres”, “playa del Pozo”, “playa Papagayo” .
| On distingue le nord de Fuerteventura. |
Nous faisons de belles rencontres, dans cette marina, car les Canaries sont souvent une halte intéressante pour les “grands” voyageurs. Des personnes intéressantes et inspirantes! Jeanine et Lionel, équipage de “Nop Nop” qui ont le même bateau que nous avec lequel ils ont fait le tour du monde en trois ans. Mylène, Christophe et Roxy ( leur border coli) qui se préparent à partir vers le Brésil et les canaux de Patagonie. L’an dernier, ils naviguaient sur la côte Est des USA, puis du Canada, Montréal, la nouvelle Ecosse, le Saint-Laurent. Pierre et moi, rêvons….
Bon, on redescend sur terre. Après la pluie et le vent, le beau temps, c’est le moment de rejoindre le nord de Fuerteventura. Une heure de navigation. Le port communal, à Corralejo, n’a pas de place pour nous. Mais, il y a un mouillage devant le port avec un accès facile pour laisser notre annexe ( petit Zodiac) quand nous irons à terre.
| Notre voisin...un prototype?? |
| Notre mouillage. Le port est à droite. |
Quelle joie de retrouver de grands amis si loin de chez nous! Dans un endroit exotique, lumineux. Quelques heures après nos retrouvailles, nous embarquons tous les quatre sur Crok’n Roll pour une escapade d’une journée à “ Islote de Lobos”. Un îlot de 5 km2, en face de Corralejo. “Lobos” signifie lobos marinos les petits phoques moines qui, aujourd’hui, malheureusement ont complètement disparus. Un joli sentier de 2 km permet d’en faire le tour, en passant par une superbe plage de sable blanc “playa de Concha” . Quelques maisons d’habitants sont regroupées autour d’une crique de couleurs turquoises. Pas facile, pour nous d’y accéder avec notre petite annexe, on persévère, rien ne nous empêche d’y accoster! Quelle belle première journée, nous sommes déjà conquis par Fuerteventura!
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Pour visiter le centre de l’île, nous louons une voiture. Afin de s’imprégner de la vie d’autrefois des habitants de cette île très désertique, on commence par un écomusée “Ecomuseo de La Alcogida”, un hameau de 7 maisons. Où nous parcourons les activités et les traditions d’antan, de familles pauvres et de familles plus aisées.
Nous retiendrons notre passage au centre de Fuerteventura avec la visite à “Pajara”. Village paisible où nous avons envie de nous désaltérer ( déjà…) avant de rentrer dans l’église. Eglise datant de 1687 et de style coloniale, située au centre du village.
C’est “Ajuy” qui nous a le plus emballés! Un village de pêcheurs sans prétention, pas trop fréquenté, qui offre, aujourd’hui, des restaurants avec des plats de poissons et crustacés bien frais ( court circuit), une plage de sable noir et des sentiers pour gagner de la hauteur sur les falaises. Les côtes ouest sont plus “rudes” car exposées au vent. Le spectacle des vagues qui s’éclatent sur les rochers est obnubilant!
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La FV30, une route sinueuse qui grimpe haut dans la montagne, bordée de “miradors”, est sans doute la plus jolie route de l’île. La vue sur les sommets, sur ce massif désertique aux couleurs jaune-orange de fin de journée est lunaire!
L’ancienne capitale de l’île “Bentacuria” vaut le détour. En la visitant au coucher du soleil, les touristes sont partis, les établissements se ferment, il y fait très calme. Parfait pour une visite cool! Bentacuria fût créée en 1404, par le normand Jean de Béthancourt. Elle se situait dans une vallée fertile et loin des côtes prisées des pirates. Suite à l’assèchement progressif des terres et le succès du commerce maritime, la ville perdit son statut de capitale en 1834, au profit d’Antigua. Qui, ensuite, céda ce statut à Puerto del Rosario en 1860.
Le centre d’”El Cotillo” subit de gros travaux, impossible d’y circuler. Un bref passage au petit port de pêche charmant et puis direction “playa El Cotillo beach” pour se prélasser, nager et encore papoter!
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Sur ces plages du nord, on peut les toucher, on peut les observer mais PAS les emporter car ils sont strictement protégés: les RHODOLITHS. Une rareté. Nous avons l’impression de voir, de marcher sur des pop corn!
Ce ne sont ni des pierres ni du corail mais des algues rouges coralliennes calcifiées mortes et érodées!
Après un séjour sur cette île particulière, très intéressante également, on se dit que les îles canariennes sont toutes bien différentes et drôlement sympathiques!
Fuerteventura restera un souvenir unique!De Fuerteventura qui se situe à l’Est , nous ferons une traversée de l’archipel, jusqu’à l’ouest, précisément à La Palma. Ce sera notre dernière navigation de la saison 2026.


















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